Dans un film éponyme plutôt recommandable de Dario Argento, on peut voir sa fille Asia, dans le rôle d'une inspectrice de police, visiter un musée à la recherche d'un tueur en série, s'évanouir et tomber littéralement dans un tableau. La résolution de sa quête personnelle et de son enquête criminelle devra passer par les pinceaux et elle deviendra elle-même artiste.
"Le tableau" de Marion Fayolle raconte peu ou prou la même chose...
... à ceci près que "Le tableau" est un album jeunesse et qu'il sagit d'une histoire d'amour.
Nous faisons la connaissance d'un jeune homme qui tombe follement amoureux d'un tableau et plus exactement de la jeune femme blonde qui y est représentée. Le tableau en question saisit comme dans une scène arrêtée l'attaque d'une panthère noire et le geste de défense de la victime que le héros n'aura de cesse de sauver.
Le premier mouvement de l'album est celui de l'entrée du jeune homme dans le tableau pour en faire sortir sa bien aimée.
Les autres enchaînent logiquement dans des scéquences muettes les différents passages de la réalité à l'oeuvre du peintre et leurs conséquences sur les deux vies de ce couple mal assorti. Entre chaque, le texte prend le relais pour résumer ce qui vient d'arriver et préparer la suite. Ce rythme binaire s'accorde parfaitement au dessin minimaliste de Marion Fayolle qui évoque parfois celui de Juliette Binet.
"Le tableau" est un album très maîtrisé à la limite de la raideur dans son dispositif ultra conceptuel et son esthétique du trait. C'est ce qui fait son indéniable charme et sa curiosité. "Le tableau" manque peut être d'émotion mais la richesse de ses multiples niveaux de lecture le distingue de beaucoup d'autres albums censés parler d'Art à l'enfant. Car "Le tableau" est d'abord une histoire avant de se vouloir autre chose et notamment un discourt très subtil sur l'accession au statut d'artiste.
Pour le plaisir, une autre histoire d'amour d'un genre assez proche :
"Le tableau", Marion FAYOLLE, ed. Magnani, 18.50€.
Gwendal Oulés




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